Automne, saison meurtrière
Posté le 2008-Nov-17 a 04:20
Froide saison qui me pèse sur le coeur comme une nuit sans sommeil, je m'ennuie de ton arrivée et de la nudité que tu sème partout, et me désespère de ton successeur, l'hiver blanc des montagnes, ton complice. tu viens tuer les beaux temps en couvrant de tes noires brumes le grand soleil qui brille et illumine nos cieux. et par les vents furieux tu déshabille les arbres comme par revanche et tu disparais furtivement à pas de loup laissant place au monstre sadique, armé de blanc et de froid, qui vient inhumer sous ses pieds vastes les aires jonchées de feuilles mortes.
Automne, grande est ta haine certainement, et vils sont tes instruments par lesquels tu arrive à détourner les coeurs des mères, ne t'as donc pas de compassion pour toutes ces filles malmenées, laissées tomber jaunies, tremblantes dans un dernier frisson entre les mains de tes vents qui les éparpillent. elles chantent comme les choeurs leur derniers airs tristes, ceux de la terrible séparation et de la mort.
... Et les arbres, mères incompétentes, qui délaissent leurs filles, se résignent à la nudité sous le froid du vent et celui plus terrible des neiges et du givre que ton grand père à la barbe blanche leur jettera dessus comme un suaire blanc dans lequel tout sera enseveli. le nouvel habit de verdure, de roses et de papillons n'est pas certain car la boue trompe, les racines invisibles trahissent sous la mollesse fangeuse des terres et la noyade est probable. le printemps ne sourira pas à tous car la hache du bûcheron précédera sa venue.
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