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consulfin

• 2007-Sep-19 - Le patronat face aux défis économiques : passer du pourquoi au comment

Les mesures adoptées par les organisations patronales lors de leur rencontre du 3 septembre dernier en vue d’une rénovation de leur politique de concertation avec les pouvoirs publics devraient susciter l’intérêt actif du gouvernement d’autant qu’elles se veulent offensives et pragmatiques dans un contexte économique cycliquement frappé d’immobilisme.

L’initiative de la coordination patronale s’est traduite par l’énoncé méthodique et rationnel des objectifs à réaliser et de la démarche à mettre en œuvre à cet effet.

Est-ce le signe d’une prise de conscience autour de la nécessité de s’impliquer autrement, c’est-à-dire inventivement non seulement dans le débat théorique mais aussi dans le traitement de proximité des problématiques économiques et sociales ?

En tout cas, l’émergence d’un discours commun comme phase intérimaire d’un processsus d’union organique à moyen terme apparaît comme l’élément central de cette prise de conscience.

Mais, au-delà du caractère unitaire que les patrons souhaitent conférer à leur évaluation des grands dossiers, c’est surtout leur détermination à passer du discours abstrait à la production d’idées et aux préconisations concrètes, qui retient l’attention.

Le concept de force de proposition, revendication cardinale bien que relativement ancienne du patronat, prend ainsi une nouvelle signification et un meilleur ancrage dans la sphère économique.

 Des thématiques diverses et variées sont listées, constituant un véritable plan de charge pour  la coordination patronale, étant entendu que leur énumération n’est pas limitative et que des réflexions seront engagées sur tous les sujets intéressant le champ économique et social.

 L’innovation réside dans l’importance que la coordination accorde désormais à l’expertise technique dont on affirme qu’elle sera mise à contribution dans la prise en charge analytique des questions sur lesquelles le patronat aura à se prononcer.

 L’expertise crédibilise des positions, mais elle constitue aussi une ligne de démarcation entre ce qui relève du discours politique voire politicien, et ce qui est connecté au domaine technique pur.

 On relève une avancée qualitative incontestable dans les modalités d’approche par le patronat du monde de l’économie dans la mesure où il a été décidé de fonder les propositions futures des confédérations sur des avis autorisés, ce qui leur donnera au surplus la fiabilité qui leur a très souvent manqué.

 Les avis d’experts, même consultatifs, complètent utilement, en la consolidant dans sa dimension technique, l’approche globale des questions économiques et sociales.

Mais s’il faut élaborer des études critiques, il est aussi nécessaire que les diagnostics et les propositions à émettre dans ce sillage tiennent compte au plus prés des réalités du terrain.

Le rapport au concrêt, au monde réel a toujours posé problème aux institutions économiques nationales.

 La prise en considération de cette corrélation est d’autant plus indispensable qu’il devrait s’agir de passer des idées aux actes, et de transformer les suggestions en dispositifs opérationnels.

 Un statut de vrai partenaire

De nombreuses questions dignes d’intérêt ont été abondamment commentées sous l’angle théorique par les organisations patronales, mais les recommandations qu’elles ont pu inspirer sont systématiquement restées inopérantes.

 Parmi les points examinés à ce titre de façon récurrente, on peut citer notamment la promotion des exportations hors hydrocarbures, le partenariat, les IDE, les conditions d’accés au crédit bancaire, le soutien à l’investissement, la place et le rôle de l’entreprise dans les stratégies macro économiques de l’Etat, la mise à niveau, la gestion des risques, les répercussions de la mondialisation, l’évaluation des accords de coopération, etc.

 La coordination patronale a toujours été sensibilisée sur ces thèmes, mais son implication à cet égard a souvent été décalée par rapport aux réalités ou alors réduite à la formulation de vœux pieux.

 Nombre de managers d’entreprise soutiennent que cette démarche fait partie du passé  et qu’elle se voit substituer une approche plus en phase avec les mutations économiques et leurs exigences en ce qu’elle est appelée à donner lieu à des modes opératoires et à prouver ainsi sa fiabilité.

 Cette dynamique aura à se déployer également à l’international, ce qui devrait se traduire non plus seulement par le souhait théoriquement exprimé d’une ouverture sur le monde, mais par la production d’analyses critiques sur les conjonctures internationales, en particulier dans leurs implications sur l’Algérie.

 La coordination patronale paraît vouloir se donner les moyens de sa politique et de ses ambitions, ce qui la met au diapason des nouvelles exigences de la transition économique.

Il est évident que la rénovation organisationnelle et stratégique du patronat se projette aussi  dans la modernité, c’est-à-dire dans une perspective de rentabilisation des nouvelles technologies de l’information .

 La modernité est entendue ici également dans son acception palpable, c’est-à-dire dans  ce qui en fait un ensemble de produits (systèmes de gestion et d’information, utilisation de logiciels…) de prestations (formation, supports communicationnels, médiatisation, revue d’entreprise…) qui permettent d’accompagner le changement et d’en tirer le meilleur profit.

 En définitive, l’épreuve de vérité pour les organisations patronales impose à leurs dirigeants un effort de transcendance de sorte qu’ils puissent autonomiser leur réflexion et la positionner au-delà des récriminations qui n’apportent en général rien de fondamental au débat.

 Cette autonomie que viendrait conforter un cadre organique unitaire approprié constituera, selon bien des gestionnaires de PME, un principe référentiel de base à partir duquel la revendication par le patronat d’un statut de partenaire crédible de l’Etat prendra toute sa signification.

 Il devrait s’agir, dans le cadre des concertations souhaitées, d’écouter l’autre, mais de l’écouter vraiment, ce qui passe par une prise en compte des suggestions et des arguments de chacune des parties concernées pour des arbitrages, des compromis ou des consensus qui reflètent les positions prises.

Le dialogue, qu’il soit économique ou social, ne saurait donc faire l’impasse sur cette exigence minimale d’autant que la flexibilité dans ce type de relations favorise la confiance, la créativité et une réelle mobilisation des efforts.

C’est pourquoi, il est surtout attendu du patronat de dire non pas ce qui ne va pas mais comment changer les choses concrètement et précisément pour que cela aille mieux.

 Lamine Bey Chikhi  (Le Jeune Indépendant du 13.09.2007)

 

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• 2007-Sep-13 - 200 000 étrangers en situation irrégulière en France

 

Selon le directeur de France Terre d'Asile, il y a, en France, 200 000 étangers en situation irrégulière C'est ce qu'il a déclaré hier sur France 3 (soir 3) à Marie Drucker, en réponse à une question relative aux mesures décidées par le gouvernement français en matière de reconduite à la frontière, ajoutant même que tous les rapports faisaient état de ce chiffre.

 

L'objectif de Brice Hortefeux, le ministre français de l'immigration et de l'identité nationale, est de parvenir à 25000 expulsions par an.

 

Pour rappel, l'ambassadeur de France à Alger avait indiqué, à la presse algérienne, en juin dernier, que 350 000 algériens se trouvaient en situation irrégulière en France.

Cette statistique vient d'être remise en question par le responsable de France Terre d'Asile.

 

Il est même possible, estiment des observateurs, que le chiffre de 200 000 étrangers sans-papiers soit revu à la baisse car il incluait, à fin 2006, des ressortissants roumains et bulgares. Or la Roumanie et la Bulgarie font désormais partie de l'Union européenne;  leurs ressortissants ne sont donc plus expulsables.

 

L'évaluation établie par l'ambassadeur de France à Alger s'avère ainsi exagérée et totalement déconnectée des réalités.

 

Sinoudj

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• 2007-Aug-28 - Conduite des réformes : peut-on tout attendre du politique ?

 

A priori, on semble attendre du politique qu’il impulse le changement, qu’il gère, qu’il réfléchisse, qu’il mette en œuvre une réforme, qu’il en supervise la réalisation.

Est-il raisonnable et légitime de tout attendre du politique ?

En tout cas, le politique est quasi systématiquement assimilé au pouvoir qui décide, oriente, planifie, prime sur tout le reste.

 

« Le pouvoir politique ne cesse de s’étendre et se renforcer ; il devient « pouvoir-cause », investi de la mission de changer la société. Dés lors, son emprise est théoriquement illimitée : elle s’exerce non seulement sur les biens mais sur les esprits ; non seulement sur le présent mais sur l’avenir ; le pouvoir modèle la société, la façonne et la conforme à un idéal qu’elle est censée porter en elle »  (JM Domenach).

 

Le politique dispose du pouvoir de nomination et de désignation ; à tous les niveaux de la gestion publique, on agit par délégation directe ou indirecte du politique.

Cette articulation de la responsabilité génére un discours consensuel qui consiste précisément à tout imputer au politique, y compris et surtout les carences et les fautes de ceux qui agissent à l’échelon intermédiaire ou subalterne (walis, PDG, directeurs, administrateurs…) puisque ce sont les décideurs, ne manque t-on pas de rappeler, qui les ont désignés aux postes qu’ils occupent.

Dans ce contexte, il est vain ou du moins extrêmement difficile de vouloir inciter ceux qui fustigent l’action gouvernementale à opérer, dans leur perception des choses, les décantations pourtant objectives et nécessaires entre le politique et le technique, entre ce qui relève du stratégique et ce qui tient de l’opérationnel ou entre l’approche globale et celle liée aux urgences, aux affaires courantes.

Il est incontestable que, derrière les incompréhensions, les colères et les postures attentistes que suscite le processus d’application d’une politique économique et sociale, se pose une problématique de fond, celle de la responsabilité que chacun est censé assumer dans la gestion des affaires de la cité.

On ne peut régler cette problématique en la réduisant, comme on est souvent tenté de le faire, aux différences un peu simplistes de nature et/ou de degré entre les divers types et niveaux de responsabilité.

Une certaine rhétorique tend à développer l’idée selon laquelle on serait un peu plus responsable à tel niveau plutôt qu’à tel autre, mais ceux qui soutiennent cette approche le font non pas pour établir des lignes de démarcation, somme toutes logiques, entre les différents intervenants, mais pour constamment se défausser sur les hiérarchies.

Les déficiences nombreuses qui affectent la gestion opérationnelle de l’économie mettent en évidence une fracture importante entre les objectifs à réaliser et la compréhension même que les missions correspondantes sont censées induire quant à la pratique de la responsabilité.

Même si l’on admet que rien n’est intelligible sans référence au politique, aux choix politiques, on ne  peut, sous ce seul prétexte, tout rejeter sur l’instance politique ni s’en remettre à l’Etat pour tout et n’importe quoi.

 

Promouvoir la responsabilité citoyenne

D’aucuns se demandent pourquoi l’Etat ne joue pas plus activement et plus inventivement son rôle pédagogique pour matérialiser dans les faits la responsabilité citoyenne et mobiliser la société autour des réformes.

Une telle démarche permettrait pourtant de décloisonner et de débureaucratiser le discours sur la dynamique économique, et de donner une tangibilité à l’adhésion de la société.

Il s’agirait alors de réajuster le discours économique de telle sorte à y inclure la réforme comme un projet à concrétiser non pas contre ou en marge de la société mais avec elle.

L’envergure du programme de consolidation de la croissance est présentée, pour l’heure, essentiellement au regard des moyens financiers engagés, autrement dit sur des chiffrages qui font totalement l’impasse sur ce que devrait être l’implication de la sociéte dans la mise en œuvre des objectifs inscrits dans ce cadre.

La communication gouvernementale reste axée sur la statistique ; elle n’est pas déclinée pour créer ou entretenir un effet d’entraînement, ouvrir des perspectives de débat pour rectifier ce qui doit l’être et donner ainsi à la société la possibilité d’être vraiment partie prenante au projet.

Cette carence est perçue comme une forme d’immobilisme dont les repercussions sur la gestion opérationnelle de l’économie sont manifestes, comme on peut du reste le relever dans la prise en charge des missions de service public de l’Etat (environnement, politique des prix, circuits de distribution…), mais aussi dans tout ce qui touche en général aux prestations des institutions publiques économiques ou à celles de l’administration centrale et communale.

Une reprise en main de la situation passe par une nouvelle réflexion sur toutes les questions intéressant la relation Etat-citoyen et sur les conditions politiques à mettre en place pour restaurer la confiance et pour connecter la responsabilité managériale à des critères compétitifs, dont en particulier celui de l’obligation de résultat sous peine de sanction.

Dans ce sillage, l’Etat gagnerait à s’imposer une distance critique par rapport à son action pour améliorer la gouvernance et traiter autrement, c’est-à-dire efficacement, ce que les réalités du terrain (contraintes, dysfonctionnements, interférences, incohérences…) donnent à voir au quotidien.

L’amélioration de la gouvernance se présente, en effet, comme la condition préalable à la résolution des nombreuses questions encore en suspens et qui appellent des réponses audacieuses d’autant qu’il s’agit de mettre en place les moyens d’une transformation radicale du système de gestion.

Il n’est pas du tout aisé de satisfaire à cette exigence éminemment qualitative dans un contexte où les résistances au changement s’expriment tant dans le champ social que dans la sphère politique, marquant ainsi les limites de l’Etat et lui suggérant une rupture épistémologique dans les modes d’exercice de ses pérogatives.

 

Lamine Bey Chikhi  (Le Jeune indépendant du 28 Août 2007)

 

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• 2007-Aug-19 - Une brève histoire de l'avenir : les anticipations audacieuses de Jacques Attali

 

Le dernier ouvrage de Jacques Attali Une brève histoire de l'avenir (Fayard novembre 2006) est un essai de prospective extrêmement enrichissant qui prend appui sur les enseignements de l'histoire et sur les évolutions toutes récentes des sociétés humaines pour décrire les caractéristiques essentielles des transformations possibles de la planète.

Comment, en effet, penser l’avenir et le comprendre pour pouvoir agir sur lui ?

C’est à cette question centrale que renvoient directement ou indirectement toutes les autres interrogations de l’auteur qui offre au lecteur une multitude de clés, de simulations pour lui permettre de comprendre les interdépendances qui marquent l’histoire et le devenir de l’humanité.

Les anticipations suggérées par Attali quant aux évolutions probables de la planète se déclinent sur le long terme (30 à 50 ans) et intègrent toutes les préoccupations que l’on peut exprimer dans cette optique sur les plans géo stratégique, politique, économique, culturel et spirituel.

«  rares sont ceux qui se risquent à des prévisions décalées, à annoncer des bifurcations, des renversements, des changements de paradigmes, en particulier en matière de culture ou d’idéologie… »

En établissant ce constat, l’auteur explique et justifie l’audace de la démarche retenue tout en confortant par avance l’intelligibilité de ses supputations et des conclusions auxquelles il parvient.

De prime abord, certaines des prévisions énoncées dans l’ouvrage peuvent paraître quasi ordinaires tant elles ont été et restent périodiquement ressassées ces dernières années par les experts. On peut ranger parmi ces prévisions celles relatives à la rareté de l’eau et de l’énergie, aux grands mouvements de populations, à la multiplication des conflits.

Mais, au fur et à mesure de la lecture de l’essai, on se rend compte non seulement de l’extrême diversité des prédictions avancées par Attali (déclin de l’empire américain à partir de 2025, victoire et généralisation de la démocratie de marché, marchandisation du temps, guerres de frontières, développement des nanotechnologies et risques de dérives, déconstruction des Etats…) mais également de la fiabilité de l’argumentaire fondant la présentation des conditions susceptibles de favoriser la réalisation de ces prévisions.

L’approche démonstrative de l’auteur est convaincante parce que les éléments d’appréciation sur lesquels elle repose renvoient explicitement ou implicitement au postulat fondamental selon lequel « le passé est traversé par des invariants et il existe comme une structure de l’histoire permettant de prévoir l’organisation des décennies à venir ».

Quand l’histoire est constamment sollicitée pour renforcer des déductions, des conclusions sur le présent et susciter par là même notre adhésion aux thèses développées dans l’ouvrage, elle l’est de façon structurée et cohérente à travers les leçons pertinentes que l’auteur y puise à mesure du développement de sa pensée.  Ces leçons sont variées, leurs thématiques également, mais le tout découle d’un processus intellectuel, d’un raisonnement dont on suit aisément les tenants et aboutissants, d’où la recevabilité quasi immédiate de la logique liée à l’interaction des évaluations de l’auteur.

Avec Attali, l’Histoire n’est plus une simple évocation du passé, elle est inscrite dans une dynamique qui la propulse dans l’immédiateté de l’instant, la proximité d’un présent à la fois mouvementé, troublé, controversé, mais en même temps et déjà trés avancé sur le plan technologique et scientifique.

Les voies de la prospective nous sont ouvertes par les enseignements de la science et de l’histoire, une histoire préalablement décryptée avec toutes les précautions que la démarche entreprise requiert en termes de méthodologie et de critères d’analyse.

C’est cet effort critique qui ressort de l’ensemble de l’ouvrage qui nous fait partager très vite, à titre préliminaire ou transitoire, le point de vue de l’auteur sur les leçons en question tout en nous laissant la latitude d’en méditer le contenu, la portée réelle, l’applicabilité à notre époque. Attali énonce ces enseignements comme autant d’acquis historiques à intégrer aux instruments analytiques portant sur l’avenir ; c’est le cas quand il écrit notamment que le sacré légitime les tabous, que le marché est dangereux s’il n’est pas équilibré, que c’est dans la confrontation des nomades et des sédentaires que l’humanité acquiert puissance et liberté, que c’est toujours un tiers qui l’emporte quand une superpuissance est attaquée par un rival, ou encore qu’une doctrine religieuse, si influente soit-elle, ne réussit pas à ralentir la marche de la liberté individuelle, que la liberté marchande et politique est plus que jamais le moteur de l’Histoire ou que peu importe qui invente une technologie, l’important étant d’être en situation culturelle et politique de la mettre en œuvre.

Le pire et le meilleur

Jacques Attali reste objectif et pondéré dans ses réflexions ; le caractère affirmatif de certaines de ses observations est tempéré par les questions nombreuses que l’essayiste se pose sur la guerre en Irak, la possibilité de la paix au Moyen Orient, la raréfaction du pétrole dans 20 ou 50 ans, les perspectives démocratiques dans les pays arabes, les moyens de venir à bout du Sida, de l’obésité, les risques d’une guerre de religions.

«  chaque réponse à chacune de ces questions et à bien d’autres, déclare Attali, orientera les prochaines décennies vers le pire ou vers le meilleur »

Mais déjà, des questions angoissantes se posent, doivent se poser pour qu’elles soient prises en charge, pour que l’on en prenne conscience : le climat sera t-il un jour si dégradé que la vie deviendra impossible sur terre ?  l’Occident emploiera t-il la force pour empêcher l’Iran de se doter de l’arme nucléaire ?  trouvera t-on des énergies de substitution au pétrole ? l’hyperconflit (batailles dévastatrices entre Etats et groupes terroristes) aura t-il lieu ?

Mais l’espoir reste permis, et Attali fait part d’un optimisme mesuré à cet égard quand il écrit : « si la mondialisation peut être contenue sans être refusée, elle pourrait favoriser l’avènement d’une hyper démocratie qui se traduira par l’abondance, la profitabilité équitable des bienfaits de l’imagination marchande ».

Sur les évolutions géopolitiques, Une brève histoire de l’avenir contient un certain nombre de pronostics qui aboutissent à bien des décantations au sujet des pays ciblés et/ou évoqués par l’auteur.

L’Algérie est citée par l’auteur parmi les vingt pays (dont l’Argentine, la Turquie, le Vietnam, le Maroc, le Venezuela…) à croissance forte qui souffriront encore de lacunes institutionnelles pendant les deux prochaines décennies.

« Mais, soutient Attali, la réconciliation probable de l’Algérie et du Maroc créera les conditions de la mise en place d’un marché commun des pays riverains du sud-ouest de la méditerranée, et d’une coopération très prometteuse avec les pays de l’Europe du Sud ».

Les évolutions générales et particulières esquissées dans le livre le sont toujours sous plusieurs angles, et l’un des avantages majeurs de cet essai réside dans la possibilité qu’il donne au lecteur de s’arrêter sur ce qui lui paraît important pour toutes sortes de raisons, lui permettant ainsi de justifier lui permettant ainsi de justifier son intérêt pour tel ou tel chapitre tout en ayant pris note, à toutes fins utiles, des multiples autres potentialités de l’ouvrage.

L’analyse dense, percutante et constamment mise en perspective que nous livre Attali nous incite à sortir de temps à autre notre pensée des préoccupations individuelles courantes pour la positionner sur les trajectoires d’un avenir dont il nous faut impérativement essayer d’imaginer sinon d’anticiper les évolutions plausibles pour laisser aux générations futures une planète fréquentable et habitable.

 

Lamine Bey Chikhi  (le Jeune indépendant du 19.02.2007)

 

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• 2007-Aug-15 - Gestion économique : un volet opérationnel incontrôlable ?

 

Pannes informatiques, arrêts des systèmes de gestion, retards dans le traitement des opérations, etc, tous ces problèmes affectent de façon désormais récurrente bien des institutions économiques.

Ce que l’on qualifie de plus en plus de dysfonctionnements et qui n’est pas spécifique à tel ou tel secteur d’activité semble renvoyer, a priori en tout cas, à la dimension opérationnelle du management.

En même temps, les contraintes enregistrées dans les systèmes d’information ne paraîssent pas vraiment préoccuper les centres de décision alors même que la fréquence des blocages devrait inciter sinon à une profonde refonte du moins à une adaptation des politiques de gestion en vigueur.

Dans certains secteurs, les procédures informatisées et le traitement manuel des opérations, continuent de coexister, renvoyant une image paradoxale des institutions concernées , à côté de certains services gérés avec plus ou moins de fluidité, s’exerce une activité marquée par des goulets d’étranglement générateurs de files d’attente répétitives, pénibles et coûteuses.

Le citoyen qui pâtit de cette situation ne manque évidemment pas de s’interroger tout à la fois sur les causes à l’origine de cet anachronisme et sur ce qui entretient l’immobilisme face à des pratiques non seulement contraires au bon sens mais préjudiciables à notre économie.

La pénurie de liquidités relevée récemment dans les bureaux de poste de certaines wilayas est révélatrice des graves déficiences qui caractérisent la gouvernance de nombreuses institutions, et ce ne sont pas les arguments avancés par les responsables qui effaceront la réalité ni la nature des carences relevées, d’autant qu’ils ne comportent aucune assurance quant à une amélioration future dans la prise en charge des missions en cause.

On s’étonne à cet égard de la très faible réactivité de l’ensemble des services concernés face à des situations d’urgence aux conséquences dommageables tant sur le citoyen que sur la collectivité.

Chacun sait que, dans bien des cas, un préposé peut gérer comme il l’entend son activité y compris quand elle est manifestement contestable, sans que son chef hiérarchique puisse intervenir pour normaliser la situation.

Il y a, dans la sphère économique, administrative et financière, un décalage considérable entre les objectifs de modernisation prônés par les tutelles, autrement dit par le discours politique sur la gouvernance d’une part, et l’application proprement dite des modalités techniques de la mise à niveau, d’autre part.

Cette fracture s’est banalisée à tel point qu’elle a fini par être considérée par beaucoup comme un simple effet pervers des mutations économiques. Ainsi, les pannes informatiques qui paralysent tout un réseau et, par suite, toute une activité, sont perçues, en dépit de leur fréquence, comme des étapes normales liées à des problèmes de maintenance d’équipements, ou tributaires d’autres systèmes (télécommunications, régime juridique de l’institution…).

On ne semble pas prendre toute la mesure du fait que la gestion de proximité se heurte de plus en plus à des résistances de toutes sortes et dont la propagation risque de vider l’exigence de modernisation de sa substance et de son intérêt.

Les constats établis à ce titre renseignent sur la multiplicité des déficiences de nos modes de gestion, ce qui jette un doute sur la nature et la qualité des programmes de réforme dont ont bénéficié les organismes et institutions économiques, en particulier ceux ayant mission de service public.

L’absence de relais dans la prise en charge des informations relatives aux défaillances périodiquement mises en évidence signifie que le management stratégique se retrouve souvent dans l’incapacité de tirer des réalités du terrain des enseignements utiles pour de nouvelles approches.

Et dans les faits, l’indifférence des hiérarchies face à l’accumulation des incohérences, le laxisme, les manoeuvres dilatoires, la bureaucratie, etc, sont tels qu’ils tiennent carrément en échec les dispositifs arrêtés par les autorités.

Déficit  en  leadership

On s’accorde à reconnaître que notre gouvernance économique et administrative souffre, en particulier dans son volet courant, d’un vrai déficit en leadership, notion définie par les spécialistes comme la capacité de modifier les ordres du jour afin que l’on se consacre aux nouvelles priorités, d’être visible lorsque les choses vont de travers, et invisible lorsqu’elles marchent bien, d’être attentif la plupart du temps, d’encourager fréquemment, et de renforcer le discours par une action crédible, d’être dur lorsqu’il le faut, et occasionnellement d’user du pouvoir.

Au regard de cet impératif, une restructuration de la gestion opérationnelle s’impose donc non seulement pour en améliorer significativement les pratiques mais aussi pour sanctionner les manquements éventuels.

Les décisions souhaitées gagneraient aussi à concourir à la mise en place d’une véritable stratégie de supervision reposant sur un traitement dynamique et performant des situations qui portent atteinte à la collectivité et au citoyen, et sur lesquelles les autorités sont alertées directement ou indirectement.

Cela nécessite certainement que l’encadrement de cette gestion soit confié à des techniciens triés sur le volet, réactifs et pleinement engagés dans leur mission.

L’éradication du laisser-aller vecteur de nuisances diverses passe aussi par une contrôle permanent des activités de proximité et une évaluation annuelle sans complaisance de l’action des responsables.

Enfin, l’aisance financière dont jouit notre pays ne pourra vraiment être rentabilisée et servir de levier à la réforme que si des passerelles et des concertations appropriées sont mises en place entre les managers opérationnels, ceux qui gèrent les aléas et autres impondérables du quotidien, et les stratèges économiques dont la mission se déploie essentiellement à un niveau conceptuel.

 

Lamine Bey Chikhi  (Le Jeune indépendant du 13 août 2007)

 

 

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• 2007-Aug-12 - Gouvernance : trop de dysfonctionnements !

 

Le quotidien Liberté de ce jour, commentant le décés du PDG d’Air Algérie et du DG des libertés publiques et des affaires juridiques du ministère de l’intérieur, en a profité pour évoquer les conditions difficiles (stress, pression, pénibilité de l’environnement…) dans lesquelles travaillent les cadres supérieurs.

Naturellement, chacun est libre d’émettre l’opinion qu’il veut sur le thème de son choix.

S’agissant spécifiquement du sujet relatif aux cadres dirigeants, on ne peut tout de même pas occulter le fait que la plupart d’entre eux sont en poste depuis plus de 5 ans !

A partir d’une certaine durée, on devrait parler d’inamovibilité et, légitimement aussi, du risque de sclérose, d’immobilisme et de déphasage par rapport à certaines réalités avec tout ce que cela induit de négatif sur le management.

On peut également s’interroger sur les raisons qui font que des responsables se sachant gravement atteints et donc diminués par la maladie ne démissionnent pas, alors que rien, a priori, ne les oblige à demeurer en poste.

Il y a bien d’autres dysfonctionnements dans la gouvernance de nos institutions ; on peut citer à cet égard les périodes d’intérim qui finissent par s’inscrire dans une transition qui dure, le maintien en poste de certains responsables engagés dans une procédure judiciaire, l’acceptation de responsabilités que l’on sait au fond ne pas pouvoir assumer…

 

Sinoudj (consulfin)

 

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• 2007-Aug-5 - Intégrité et engagement

 

Les grands problèmes de la société algérienne sont recensés depuis longtemps ; des actions tous azimuts sont menées en vue de leur prise en charge, des études sont entreprises pour leur traitement de fond, des contraintes, des entraves, des blocages surgissent, des résistances apparaissent, des effets pervers aussi, mais tout cela fait partie de la dynamique du changement enclenchée par l’Etat avec un volontarisme certain, sous la pression, il est vrai, de divers événements.

Prétendre pouvoir débattre des transformations en cours en passant sous silence ce qui a été réalisé sur le terrain mais qui doit être soumis à critique, et  en faisant des promesses utopiques, relève de l’infantilisme politique, de la manipulation et du mensonge.

 

« Que chacun d’entre nous, au travers de notre pusillanimité, que chacun d’entre nous fasse son choix : ou bien demeurer un serviteur conscient du mensonge (oh ! bien sûr, pas par penchant naturel, mais pour nourrir sa famille, pour élever ses enfants dans l’esprit du mensonge !) , ou bien considérer que le temps est venu de se secouer, de devenir un homme honnête, digne d’être respecté et par ses enfants et par ses contemporains » (SOLJENITSYNE) .

 

Dans le contexte algérien, ne soutenir en rien le mensonge passe par une approche juste, apaisée, libérée des clichés et sereinement argumentée des problèmes fondamentaux de la société et des politiques engagées pour leur règlement. 

Ne soutenir en rien le mensonge, c’est aussi évaluer la crédibilité des propositions alternatives à la politique en vigueur, à l’aune de la compétence de leurs intiateurs, de leur capacité à valoriser l’expression plurielle de notre société et de leur aptitude à concrétiser les ambitions de l’Algérie.

 

Sinoudj (consulfin)

 

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• 2007-Jul-31 - Nostalgia...

 

« …Jacques Cornery, le regard levé vers la lente navigation des nuages dans le ciel, tentait de saisir derrière l'odeur des fleurs mouillées la senteur salée qui venait en ce moment de la mer lointaine et immobile quand le tintement d’un seau contre le marbre d’une tombe le tira de sa rêverie.

C’est à ce moment qu’il lut sur la tombe la date de naissance de son père, dont il découvrit à cette occasion qu’il l’ignorait.

Puis il lut les deux dates, « 1885-1914 » et fit un calcul machinal : vingt-neuf ans.

Soudain une idée le frappa qui l’ébranla jusque dans son corps. Il avait quarante ans. L’homme enterré sous cette dalle, et qui avait été son père, était plus jeune que lui… »

 

( Albert Camus, Le premier homme )

 

 

sinoudj (consulfin)

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• 2007-Jul-24 - Hommage aux travailleurs de NET.COM

 

Je crois sincèrement qu’on ne rendra jamais suffisamment hommage aux travailleurs de Netcom qui procèdent quotidiennement (2 fois par jour) au ramassage des ordures ménagères, dans des conditions toujours extrêmement pénibles.

Ces conditions s’aggravent du fait de l’indiscipline caractérisée de bien des gens qui sortent leurs ordures à n’importe quelle heure de la journée et de la nuit.

Ce n’est pas tout : certains de nos « concitoyens » ne s’empêchent pas de jeter des sacs remplis de gravats ainsi que toutes sortes d’objets et matériels incroyables voire kafkaiens (baignoires, matelas, éviers, lavabos, sommiers, cuvettes…).

Certains endroits de la capitale se sont ainsi peu à peu transformés en décharges publiques, ce qui ne semble préoccuper personne.

Ce ne sont pas les agents de Netcom qui sont en cause ;  ils accomplissent en effet leur travail avec abnégation, au jour le jour, mais il ne s’écoule pas 15 minutes après leur passage pour que l’endroit nettoyé redevienne insalubre.

Au regard de cette situation qui laisse de marbre ceux-là mêmes qui polluent et salissent l’environnement par leurs actes délibérés, je me demande si la descente aux enfers de notre société n’est pas devenue irreversible.

 

Merci, quand même, aux agents de Netcom pour leur labeur que beaucoup ne savent ni percevoir ni apprécier.

 

Sinoudj (consulfin)

 

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• 2007-Jul-18 - Projet d'Union méditerranéenne : une utopie concrète ?

 

                     

L’idée d’une Union méditerranéenne impulsée par Nicolas Sarkozy suscite de nombreux questionnements politiques, économiques et géostratégiques.

On s’interroge non seulement sur ce que peut recouvrir le concept d’union mais aussi sur l’opportunité d’opter pour cette dénomination jugée trop ambitieuse voire utopique en termes de retombées escomptées, de préalables à lever et de conditions à réunir, plutôt que pour celle d’accord multilatéral ou d’association à portée essentiellement économique.

Mais le projet défendu par le Président français incite aussi, par un raisonnement analogique inévitable, à relancer l’approche critique autour des tentatives d’intégration économique régionale comparables ou similaires, et sur lesquels la réflexion est loin d’avoir été épuisée.

A cet égard, on ne manque évidemment pas de rappeler le processus euro méditerranéen de Barcelone engagé en 1995 mais quasi unanimement considéré comme n’ayant pas du tout atteint ses objectifs. De l’avis de nombre de commentateurs spécialisés, une évaluation de cette démarche permettrait d’appréhender plus objectivement la nature et limportance des obstacles qui se dressent en général sur le chemin des politiques de coopération régionale.

La même distance critique devrait aussi s’imposer, estime t-on,  par rapport à ce sur quoi achoppe la concrétisation de l’Union du Maghreb Arabe au moins dans sa dimension économique et monétaire, autrement dit en référence à des objectifs a priori techniquement parfaitement concevables et réalisables.

C’est d’ailleurs dans une large mesure cette incapacité à réactiver ou à dynamiser ce genre de projet à un niveau régional (en l’occurrence au niveau maghrébin) qui se prête pourtant plus objectivement et en principe plus aisément à l’intégration pour les pays concernés, qui fait que tout processus ressemblant apparaît comme une chimère.

Il y a assurément une décantation à opérer en la matière pour une meilleure visibilité, d’où la nécessité d’un bilan de notre coopération bilatérale et multilatérale, ce qui inclut naturellement notre accord avec l’Union européenne.

Parallèlement donc au décryptage des objectifs qui sous-tendent le projet d’Union méditerranéenne, on gagnerait à évaluer le cadre de nos relations extérieures et à établir les projections adéquates quant aux évolutions probables des instruments en vigueur liés à l’intégration économique régionale.

Bien des conditions devraient pouvoir évoluer de telle sorte que les transformations que leur traitement rénové favorisera puissent apparaître et s’imposer comme des avancées intéressantes de nos rapports économiques avec le reste du monde.

L’aisance financière dont jouit notre pays devrait conduire nos institutions à engager une réflexion sereine sur ces rapports et sur les ambitions que leur évolution permettra à l’Algérie de nourrir légitimement.

Le discours politique sur la coopération est déjà notablement balisé sur le plan doctrinal par les notions de partenariat d’exception, de partenariat stratégique, d’avantages préférentiels, de partenariat gagnant-gagnant, de relations privilégiées.

La typologie des accords de coopération s’enrichit donc régulièrement du point de vue conceptuel, mais cet apport ne permet pas à lui seul de passer des idées aux actes, d’autant que les intentions formellement consignées dans les protocoles approuvés au niveau politique sont souvent décalées par rapport aux réalités..

C’est à partir des enseignements d’une évaluation exhaustive de ces accords que l’on devrait développer des éléments d’appréciation utiles quant à l’avènement d’une Union méditerranéenne.

Promouvoir ce projet et accepter d’en parler à partir d’une perspective historique aérée, volontariste et imaginative permettrait de conforter la position de l’Algérie dans ce qui pourrait transformer radicalement la coopération dans le bassin méditerranéen.

 

Au-delà de l’économie

L’importance de notre diaspora en Europe et des flux migratoires d’Algérie vers l’Europe, devrait constituer un argument essentiel dans le plaidoyer à développer pour une ouverture de l’espace euro méditerranéen non réductible à l’économie, et une intégration pragmatique, dans ce cadre, de la question de la circulation des personnes.

Mais plus généralement, les justificatifs présentés pour influer sur une extension indirecte ou « collatérale » de l’Europe vers la rive sud de la méditerranée, devraient être opportunément relayés et consolidés par tous ceux qui estiment incontournable l’élément humain dans l’objet des négociations qui encadreront la création de l’Union méditerranéenne.

Pour l’heure, une attitude réaliste de nos autorités en rapport avec ce que suggère l’idée d’une Union méditerranéenne, ne saurait passer sous silence les maigres résultats des projets déjà initiés en matière d’intégration régionale.

Il serait intéressant, par exemple, de savoir si le comité permanent chargé de la mise en œuvre de l’accord d’association Algérie-Union européenne a établi les bilans périodiques correspondants, étant rappelé que l’accord est entré en vigueur en septembre 2005.

De même, il serait utile de connaître la position de ce comité, placé sous l’autorité du ministre des affaires étrangères, sur les modalités de coordination de sa mission avec les entités appelées à intervenir dans le cadre du projet d’Union méditerranéenne d’autant que des interférences, des confusions ou des chevauchements de compétences ne sont pas à exclure dans le suivi .

Il est important, en tout cas, que la perspective d’une ouverture structurelle et institutionnelle de l’Europe par le biais des accords d’association existants ou via une Union méditerranéenne puisse être gérée, côté algérien, de façon professionnelle et performante, ce qui passe par un diagnostic des progrés accomplis mais aussi des contraintes rencontrées dans les politiques de coopération.

Les supputations autour des intérêts géostratégiques et énergétiques sur lesquels reposerait le projet de Sarkozy n’ont aucune portée didactique ni aucune valeur opératoire si elles sont présentées comme la seule explication d’une trajectoire sur laquelle tout devrait pousser à poser un regard moins étriqué et qui ne soit pas limité à des considérations de calcul économique.

Par ailleurs, si ce qui va, le moment venu, sceller juridiquement l’Union méditeranéenne reposera, comme on peut s’en douter, sur des domaines tels que le dialogue politique, la circulation des marchandises, la coopération économique, financière, sociale et culturelle, le commerce des services, le libre échange, etc, il faut alors se rappeler que c’est autour de ces mêmes aspects que s’articule l’accord Algérie-Union européenne.

Il y a, par conséquent, un précédent qu’on ne peut ni occulter ni marginaliser dans ce qui viendrait alimenter l’argumentaire algérien lors du sommet des chefs d’Etat et de gouvernement des pays du pourtour méditerranéen prévu pour le premier semestre 2008.

 

Article de Lamine Bey CHIKHI (in Le Jeune indépendant du 17 juillet 2007)

 

 

 

 Sinoudj (consulfin)

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• 2007-Jul-3 - Rachid Boudjedra, toujours égal à lui-même

 

Rachid Boudjedra, qui était hier l’invité de l’émission expression livre sur canal Algérie pour présenter son dernier roman Hôtel Saint-Georges, a eu à parler, à sa façon, des écrivains algériens.

Pour l’auteur, entre autres romans, de l’escargot entêté et de la répudiation, il n’y a plus vraiment de grands auteurs algériens. Il n’y en a pas beaucoup.

 

Il en pense précisément ce qui suit :

« Kateb Yacine est un des mes maîtres. J’aime aussi beaucoup Boualem Sansal. Je le préfère, de loin, à Assia Djebbar qui n’est sortie de l’ombre que depuis son élection à l’académie française. Quant à Yasmina Khadra, pour moi, ce n’est pas un écrivain ; c’est un journaliste qui écrit des romans policiers. Et puis, écrire en ce moment sur Bagdad ou Kaboul, c’est trop facile, c’est de la provocation, c’est commercial… »

 

Sur les écrivains arabes, Boudjedra a déclaré : « les gens parlent surtout de Naguib Mahfoud parce qu’il a eu le prix Nobel. Moi, je ne l’apprécie pas, ses romans ce sont des romans d’adolescents. En revanche, Taha Hussein est un grand écrivain… »

 

Rachid Boudjedra dit aussi aimer Dos Passos, René Simon, Proust.

 

Invité à donner son point de vue sur ce qui passe en Palestine, il en a profité pour rendre hommage aux intellectuels et artistes israéliens (gauche israélienne et mouvement pour la paix maintenant ) qui soutiennent la création d’un Etat palestinien, rappelant au passage qu’il en a parlé dans certaines de ses chroniques parues dans El Watan durant l’année 2006 (que j’ai lues); il trouve dommage qu’on ne s'intéresse pas, en Algérie, aux actions de cette partie de la sociéte israélienne en faveur de la coexistence entre juifs et arabes.

 

Sur l’image qu’il renvoie en tant qu’intellectuel, Boudjedra a dit ceci : «  certains cercles médiatiques et autres ne m’aiment pas, ils me trouvent antipathique parce que je suis franc, je dis les choses sans fioritures, je dis ce que je pense, je ne fais pas dans la nuance. Par exemple, je déplore le démantèlement de la Yougoslavie opéré par l’impérialisme américain ; aujourd’hui les ex républiques yougoslaves ne pèsent plus rien sur le plan économique et même politique.Voilà, je le dis clairement même si ce n’est que mon opinion »

 

Sur la guerre d’Algérie, il déclare qu’on ne rendra jamais suffisamment hommage aux français (Audin, Maillot et bien d’autres encore) qui ont activement contribué à l’indépendance du pays.

 

Sinoudj (consulfin)
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• 2007-Jul-1 - La région : peut-on en faire le centre du monde pour ses populations ?

 

L’évocation de l’autonomie régionale est toujours problématique en Algérie. La régionalisation est appréhendée comme un risque majeur.

 

Pourtant, si l’on tente d’accéder au concept d’autonomie via des théories rénovées du pouvoir local économique et politique, on se rend compte assez vite que la perspective de la régionalisation cesse d’être une option compliquée, ésotérique, dangereuse, tout au moins et dans un premier temps, dans sa compréhension technique.

 

Sur un plan théorique, il serait aisé de réfléchir à la traduction politique de cette option en la liant à la mise en œuvre de mécanismes tendant à articuler autour des organes locaux élus l’essentiel du pouvoir régional, avec une prééminence sur les autorités administratives (wali, chef de daira, etc).

 

L’effort intellectuel est bien à engager sur ce terrain si l’on veut préparer le socle à des institutions élues qui seraient aptes, demain, à prendre en charge les questions régionales et locales sans avoir à en référer systématiquement à une administration centrale dont on sait qu’elle est paralysée par d'importants sureffectifs, un réel chômage technique et des structures léthargiques.

 

S’inspirer de tel ou tel modèle en vigueur en Europe (Espagne, Allemagne, France...) ou ailleurs, ne devrait ni géner ni complexer ceux qui auraient à entreprendre la démarche concernée, l’essentiel étant de parvenir à un schéma organisationnel qui vise à faire de chaque région « le centre du monde » pour ses populations.

 

L’équilibre régional, axe saillant et récurrent de bien des discours sur la politique de gestion des collectivités locales et des plans de développement, a toujours été réduit à des transpositions de façade, à un mimétisme formel, dans tous les domaines d’activité, sans aucun effort sur l’adaptation aux réalités.

 

Ambitionner de susciter l’adhésion pleine et entière des populations autour des objectifs de développement et des intérêts supérieurs de la nation, ne saurait se concrétiser sans leur consultation effective et honnête ni sans une réelle démocratisation des institutions locales et régionales.

 

Une telle démocratisation requiert de la part des gouvernants une volonté d’en finir avec le traitement improvisé des contradictions socio politiques que des événements de toutes sortes (catastrophes naturelles, émeutes, pics de violence, dépassements administratifs, etc) mettent souvent en évidence.

 

Les limites des modes de gestion actuels devraient inciter à porter l’analyse critique non pas tellement sur les  structures des wilayas, ce qui reviendrait à maintenir les choses en l’état, mais sur les modalités de rénovation et de rentabilisation des pouvoirs locaux élus.

 

La citoyenneté, c’est-à-dire l’implication responsable du citoyen dans la gestion des affaires de la cité, condition sine qua non du renouveau escompté, passe par le respect des logiques de la transition démocratique, en l’occurrence à l’échelon régional.

 

Sinoudj  (consulfin)

 

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• 2007-Jun-28 - Sociétés écran, prête-noms, fraude : la commode légalité des apparences

 

Les scandales financiers révélés ces cinq dernières années ont mis en évidence le caractère de plus en plus sophistiqué et ingénieux des procédés utilisés dans les malversations commises.

 

Ces procédés sont d’ailleurs d’autant plus difficilement détectables qu’ils présentent toutes les apparences de la légalité et reposent sur des instruments qui répondent en général parfaitement aux conditions de forme et de fond exigées par les règlements en vigueur.

 

Le recours à diverses « techniques » et modes d’organisation (sociétés écran, prête-noms, groupes, réseaux, opérations croisées, certains types de filialisation…) semble favoriser, en leur servant de couverture et de vecteur, toutes les formes de collusion concoctées par leurs bénéficiaires.

 

Les mouvements de capitaux de plus en plus importants générés par la libéralisation accrue de nos échanges avec l’étranger et le démantèlement tarifaire rendu effectif depuis l’entrée en vigueur de l’accord d’association avec l’Union européenne, influent inévitablement sur la nature des collusions d’intérêts auxquelles ils donnent une dimension et donc des ramifications transnationales.

 

Le constat relatif aux dérives d’un commerce extérieur dont les tenants se situent, faut-il le rappeler, d’abord dans l’espace national avant de se développer au-delà des frontières, est établi depuis fort longtemps par les pouvoirs publics.

Mais, en visant les effets plutôt que les causes des nouvelles formes de délinquance financière, les actions d’assainissement auxquelles ce constat a donné lieu ne parviennent toujours pas à juguler le fléau.

 

Sur le terrain juridique, la réflexion reste très en retard en particulier en ce qui concerne les incidences de la forme, du statut et de l’organisation des sociétés commerciales sur les opérations extérieures auxquelles ces sociétés participent.

 

Les risques de toutes sortes que certains déploiements ou redéploiements de ces personnes morales légalement constituées font courir, en rapport avec leurs transactions extérieures, aux institutions en charge du suivi et du financement des contrats sont loin d’être appréhendés exhaustivement.

 

Les pluridomiciliations, la possibilité, pour des sociétés, d’intervenir sur plusieurs créneaux à l’import, la permissivité marquant les montages contractuels entre des entités privées nationales et leurs représentations à l’étranger sous couvert de raisons sociales conformes aux lois mais dissimulant en réalité des collusions, mais aussi l’inexistence d’un renseignement performant sur les opérateurs nationaux et leurs partenaires étrangers, tout cela échappe aux dispositifs législatif et règlementaire en vigueur, ce qui facilite l’organisation d’opérations frauduleuses, les arrangements occultes, la fuite de capitaux.

 

Dans les faits, la focalisation des contrôles usuels sur les comptes sociaux et sur des données financières plutôt rudimentaires et falsifiables, confirme clairement que des aspects fondamentaux déterminants des modes d’intervention et de gestion de nombre de sociétés activant dans le commerce extérieur (revente en l’état et/ou achats d’équipements dans le cadre d’investissements dits productifs) ne sont pas pris en compte dans les politiques commerciale et financière du gouvernement.

 

En l’occurrence, on semble faire, un peu partout, comme si  l’on s’accomodait de la légalité des apparences, c’est-à-dire de textes juridiques dont on connaît par ailleurs toutes les insuffisances implicites ou explicites.

 

Sinoudj (Consulfin)

 

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• 2007-Jun-24 - Mâcher du chewing-gum et se curer les dents à l'APN...

 

Hier, 23h30, sur l’Entv, retransmission en direct de l’APN (Assemblée populaire nationale) des interventions des députés suite à la présentation du programme du gouvernement.

Pendant que le député de Ghardaia exposait ses observations sur ce programme, un de ses collègues, assis juste derrière lui, se curait les dents et mâchait un chewing-gum !

 

Télescopage de questions dans ma tête :

Est-ce risible ou désespérant ? ou les deux à la fois ?

Qu’est ce qu’une assemblée nationale ?

Qu’est-on censé y faire ?

Que représente t-elle dans la conscience collective et d’abord dans la conscience du concerné ?

Peut-on se curer les dents dans l’hémicycle d'une assemblée ?

Peut-on le faire alors que les caméras tournent ?

Idem pour la mastication du chewing-gum…

Est-ce utile de s’interroger de la sorte ?

Pourquoi dramatiser quelque chose de dérisoire ?

Pourquoi s’en offusquer à partir du moment où le tout (l'institution, sa composante, son rôle...) était déjà décrédibilisé, depuis longtemps ?

 

Sinoudj (consulfin)

 

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• 2007-Jun-16 - "Tout le monde en parle..."

 

L’ambassadeur de France en Algérie l’a révélé la semaine dernière : il y a, en France, 350000 algériens sans papiers !

 

Le diplomate français a même cru devoir ajouter que les concernés n’avaient pas vocation à rester en France.

 

Qui est responsable de cette situation ?

 

1-            Chacun des 350000 clandestins, étant entendu que la responsabilité engage juridiquement, moralement et socialement celui qui la revendique et qui la met en oeuvre ?

 

2-            L’Etat français dont la politique d’immigration finit souvent par être laxiste (en 1981, Mitterrand avait régularisé plus de 120 000 sans papiers, parmi lesquels de nombreux maghrébins) tout en étant adossée à des dispositifs d’octroi de visas (touristiques) plutôt ambigus et faussement rigoureux ?

 

3-            L’Etat algérien qui n’a plus de politique d’émigration, depuis le milieu des années 1970, et qui ne paraît pas préoccupé outre mesure par la position plus que délicate sur le territoire français des 350 000 clandestins algériens ?

 

4-            La mondialisation dont on dit qu’elle efface les frontières quels que soient les moyens  utilisés pour réguler ou pour limiter les flux migratoires ?

 

Comment Sarkozy et Bouteflika vont-ils régler l’épineuse question des clandestins ?

La France a un dossier, semble t-il, bien ficelé en l’espèce, mais est-ce le cas côté algérien ?

 

Sinoudj (consulfin)

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• 2007-Jun-13 - Modernisation de l'entreprise publique : l'impact des mentalités

 

Sur le terrain, là où les diagnostics et les schémas  organisationnels et structurels sont établis avant d’être soutenus par des enveloppes budgétaires plus qu’appréciables, on fait souvent l’impasse sur bien des goulets d’étranglement qui entravent le processus de modernisation de l’entreprise publique.

 

Et s’ils relèvent de considérations techniques évidentes, ces obstacles sont tout de même aussi fondamentalement liés aux mentalités dont on sait qu’elles entretiennent des rapports complexes avec les structures sociales.

 

« Eminemment collective, la mentalité semble soustraite aux vicissitudes des luttes sociales. Ce serait pourtant une grossière erreur que de la détacher des structures et de la dynamique sociale. elle est au contraire un élément capital des tensions et des luttes sociales. Il y a des mentalités de classes, à côté de mentalités communes. Leur jeu reste à étudier » (Jacques LE GOFF).

 

Rapportée à la vie en entreprise, aux relations de travail, au niveau de conscience que l’on a des enjeux économiques nationaux et internationaux, à l’obligation de résultat, au mérite, aux critères d’accés à la responsabilité, à la notion même de responsabilité et à sa sanction, la question des mentalités avec tout ce qu’elle induit en termes comportementaux et psychosociologiques, prend une signification toute particulière, palpable presque.

 

C’est dire que l’occultation de ce paramètre dans toute perception qui se veut novatrice de l’entreprise voue inévitablement à l’échec les initiatives tendant à asseoir la mise à niveau sur les seuls appuis matériels, logistiques et financiers.

 

Des gestionnaires considèrent que les mutations nécessaires de l’entreprise publique ne sauraient faire l’économie des questionnements visant à libérer la parole pour dire les vraix maux qui rongent la ressource humaine et la gestion, et qui ont pour noms autoritarisme, exclusion, monopole, dysfonctionnements, interférences, empiètements fonctionnels, piétinement du droit, égalitarisme, fuite en avant, discriminations multiformes, ingratitude, suspicion, défiance, instrumentalisation de l’avancement, etc.

 

Ces travers (dénominateur commun aux entreprises publiques) sont à l’origine des tensions qui stérilisent la gestion, ce qui se traduit par la polarisation du collectif des travailleurs autour d’intérêts de « survie », de sauvegarde ou d’amélioration, selon le cas, d’acquis salariaux, abstraction faite de toute préoccupation touchant à l’entreprise comme centre ayant vocation à créer de la richesse, et aux conditions rationnelles de sa pérennisation. 

 

L’entêtement des dirigeants d’entreprise, des syndicats et des organes tutelle à n’accorder aucune attention à ces réalités, sauf pour les utiliser à des fins douteuses par l’application de divers stratagèmes tendant à diviser pour régner, à opérer la rétention de l’information pour consolider un pouvoir, à réduire des prérogatives pour limiter une responsabilité, à saper l’autorité et la représentativité, etc, confirme bien que la problématique du secteur public économique est très influencée par les comportements, les attitudes et donc par les mentalités dans ce qu’elles ont de détestable, de négatif et de répréhensible.

 

L’hostilité suscitée par la privatisation comme technique susceptible non pas d’éradiquer ces défauts qui sont malheureusement dominants et « consensuels », mais d’en limiter substantiellement les répercussions par l’atomisation de l’entreprise, la selection fondée sur le mérite, la réhabilitation de la discipline, la prééminence de la compétence (avérée), la responsabilisation et la sanction, s’explique largement par la crainte de l’heure de vérité, autrement dit par la peur de voir s’ouvrir la boîte de Pandore.

 

Sinoudj (Consulfin)

 

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• 2007-Jun-11 - Politique économique : appréciation nationale ou étrangère ?

 

La référence, de plus en plus fréquente, par nombre d’observateurs, aux travaux d’institutions financières et organismes d’étude étrangers sur l’économie algérienne, pour étayer des points de vue ou conforter des diagnostics, n’est certes pas inutile pour la compréhension et l’explication des choses ; pour autant, elle ne constitue pas toujours ni forcément un renvoi à des analyses exceptionnelles, fulgurantes ou vraiment en rupture significative avec les approches nationales portant sur des thématiques identiques.

 

Certains sujets (climat des affaires, corruption, risque Algérie, problématique de la rente, gouvernance, etc), alimentent en effet régulièrement les commentaires des experts étrangers ; mais bien des critiques formulées n’apportent rien de nouveau par rapport à celles développées, en Algérie, par des acteurs nationaux privés ou institutionnels (gestionnaires, journalistes, universitaires, organismes officiels tels l’ONS, le CNES, FCE…).

 

On reconnaîtra toutefois aux analyses d’origine étrangère une portée médiatique notable, une périodicité généralement pertinente et une exploitation plutôt bien structurée des informations collectées sur l’Algérie, souvent du reste à partir de sources nationales (notes de conjoncture de la Banque d’Algérie, lois de finances, bilans des douanes…).

 

Cette observation faite, on peut tout de même s’interroger sur ce qui devrait être fait pour que les avis consultatifs et les appréciations critiques émanant de nos institutions soient pris en charge de sorte que leur contenu et leurs répercussions ne tombent pas dans la banalisation, et qu’ils puissent, par voie de conséquence, constituer une référence reconnue et visible sur le plan interne aussi bien que sur le plan international.

 

Il y a, en tout cas, très certainement à créer une dynamique autour de ce qui pourrait favoriser, du point de vue des finalités et de la capacité opératoire de la réflexion, un traitement utilitaire des questions qui intéressent l’économie nationale, les relations algéro étrangères, les perspectives de notre politique de coopération, les conditions d’insertion de notre pays dans l’espace relationnel mondial, etc.

 

Et s’il est toujours intéressant de prendre connaissance de l’image que notre pays renvoie à l’extérieur, il est aussi important d’appréhender les évaluations des institutions étrangères avec la distance nécessaire pour rester objectif voire autonome dans la lecture qu’elles suscitent.

 

Cette exigence constitue un principe de précaution minimal qui permet non seulement de ne pas adhérer ipso facto à telle ou telle considération au seul motif qu’elle provient d’une entité étrangère, mais d’en tester la crédibilité par la confrontation avec les réalités du terrain et avec les données informationnelles nationales disponibles.

 

Cela suppose un recentrage des missions confiées aux structures chargées des études et de la prévision au sein de nos institutions économiques et financières, en particulier celles ayant une activité ou une fonction internationale, de telle sorte qu’elles puissent réellement peser sur les rapports de force liés aux processus décisionnels qui les impliquent.

 

Il conviendrait peut-être et plus généralement d’introduire, dans les travaux analytiques liés aux réformes, des éléments d’appréciation suffisamment objectifs pour qu’ils ne conduisent ni à une partialité flagrante ou implicite dans le jugement ni à une sous-estimation des indicateurs macro économiques positifs, encore moins à un rejet purement de principe des choix en vigueur.

 

On gagnerait à rechercher ce point d’équilibre à chaque fois qu’il s’agira de s’interroger sur des questions éminemment importantes (convertibilité du dinar et risque de fuite de capitaux, augmentation des salaires, chômage technique et sureffectifs, crédits bancaires et créances douteuses, privatisation et rôle de l’Etat… ) auxquelles d’ailleurs les approches dogmatiques ou idéologiques n’ont jamais pu apporter de réponses convaincantes.

 

 Sinoudj (consulfin)

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• 2007-Jun-8 - Assimiler la globalisation : un impératif de la sécurité financière

 

Les services gestionnaires du commerce extérieur devraient être placés au cœur des dispositifs stratégiques destinés à faire face aux nouveaux défis sécuritaires financiers car, du fait de leur positionnement dans l’édifice institutionnel financier, ce sont eux qui procèdent au débouclement final des transactions et aux rattrapages ou blocages éventuels, constituant ainsi le dernier rempart contre les tentatives et les opérations délictueuses.

 

Les transactions frauduleuses les plus dommageables à l’économie nationale sont liées à des transferts illicites de fonds à l’étranger ; ce sont ces transferts qui, sous le couvert des instruments de paiement en vigueur, servent de vecteurs à l’évasion de capitaux.

 

C’est du reste à ce niveau que des systèmes de veille, des alertes et des verrous devraient être prêts à fonctionner pour répondre aux risques les plus divers.

 

C’est, par conséquent, en toute logique que les actions de contrôle gagneraient à cibler de façon systématique, dans les centres de traitement par lesquels ils transitent, les paiements extérieurs selon des critères de traçabilité (montant, destination géographique, bénéficiaire, donneur d’ordre, origine des transferts…) précisément arrêtés et dans un environnement préalablement assaini sur le plan des procédures d’information.

 

La modernisation informatique devrait permettre d’établir une vraie base de données alimentée à partir des flux contrôlés suivant les critères précités, et spécifiquement articulée autour des risques encourus en rapport avec le commerce extérieur et, d’une façon générale, avec les relations économiques et financières algéro étrangères.

 

Les flexibilités sollicitées par les opérateurs nationaux mais aussi par de nombreux partenaires étrangers en matière de réglementation des changes pour libéraliser davantage les mouvements de capitaux ne profiteraient à l’Algérie qu’envisagées parallèlement à un renforcement des garde-fous visant à  prémunir notre pays contre les arnaques, les escroqueries et autres dérives à caractère international qu’une globalisation financière techniquement non assimilée et non maîtriseé ne ferait que multiplier et aggraver.

 

Une insertion positive de notre économie dans la mondialisation n’est possible que s’il y a une réelle prise de conscience des décideurs, des gestionnaires et des opérateurs autour de l’impact déterminant de la technicité et de la pluridisciplinarité sur les modes de rentabilisation à la fois des logiciels informatiques et de ce qui relève de l’organisation, de la gestion des compétences, du flair, de l’anticipation, du culturel, de la réactivité aux conjonctures, etc.

 

C’est sur tous ces aspects extra matériels, actuellement plutôt marginalisés, qu’il convient d’agir pour mettre à niveau l’ensemble des intervenants dans la gestion des ressources en devises du pays et des acteurs économiques, et faire en sorte que les règles du jeu (équilibre contractuel, rationalisation des coûts, échange de vraies contreparties, respect de la destination des fonds…) soient rigoureusement observées de part et d’autre.

 

Comme on s’en doute, ces règles ne sauraient être valablement perçues à travers le prisme des seuls systèmes informatiques ou de la seule déclinaison statistique des renseignements, elles suggèrent en effet que soit engagé, autour de leur contenu, un effort de transcendance et de réflexion pour qu’elles puissent s’imposer et générer des profits équitables, tant il est vrai, pour reprendre le propos, toujours d’actualité, de Goethe que « c’est du volume des données dont elle dispose que notre époque tire un sentiment immérité de sa supériorité, alors que le véritable critère porte sur le degré auquel l’homme sait pétrir et maîtriser les informations dont il dispose » .

 

Sinoudj (consulfin)

 

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• 2007-Jun-3 - Pour une symbiose analytique

 

En haut lieu, on continue de s’interroger, plutôt en vase clos et de manière restrictive, sur la meilleure façon de gérer un potentiel financier estimé à plus de 100 milliards de dollars, de restructurer en douceur, c’est-à-dire sans compression d’effectifs, le millier d’entreprises publiques en quasi faillite, et de conforter la sécurité financière du fait des convoitises que nos réserves de change suscitent ici et à l’étranger.

 

Face à la redondance et à  l’immobilité des préoccupations de ce type, d’aucuns estiment qu’il faut débattre des problèmes et ne pas se contenter de les énoncer ; le constat doit en effet générer de la critique, des suggestions, des échanges d’arguments, ainsi que l’ouverture d’espaces publics de concertation à concevoir de telle sorte qu’ils impliquent activement, outre le pouvoir politique et l’Etat, toutes les autres institutions et organisations (sociales, culturelles et économiques).

 

La transition démocratique qui marque le pas depuis quelque temps, et dont on devrait pourtant savoir qu’elle détermine fortement la qualité et les finalités des décisions à caractère économique, ne pourrait elle même être réactivée que dans et par l’acceptation du débat, de la divergence intellectuelle et donc de la remise en question potentielle des idées dominantes.

 

Cette réactivation ne peut évidemment pas être portée par les faux démocrates, ceux qui ne tolèrent en réalité aucun voix dissonante.

 

« Il y a des démocrates qui rêvent d’une société sans débat. Ils veulent une humanité aseptisée, normalisée, pasteurisée ;  ils veulent une humanité où l’on s’entende et où, pour mieux s’entendre, on n’entende plus le bruit d’aucun conflit » (Bernard-Henri Lévy).

 

Il n’y a, il ne peut y avoir de positivité, d’inventivité et d’imagination créatrice là où il y a monopole, unilatéralisme, pensée unique, centralisation et abus de pouvoir.

 

Les pesanteurs sociales, la marginalisation des vraies compétences,  l’échec ou le sabordage, dans la sphère économique et financière, des processus décisionnels, l’instrumentalisation du traitement social de l’économie, les pressions multiformes de la criminalité économique, etc, tout cela ne peut être compris et, par voie de conséquence, combattu, que par l’examen critique des contradictions fondamentales qui marquent le discours politique sur l’économie, la mise en œuvre des orientations arrêtées dans ce cadre, l’hypertrophie ou l'inflation de textes juridiques comme « preuve » des avancées économiques, la limitation des sources initiant les lois, la confusion des genres voire la manipulation dans la présentation des principes d’autonomie de gestion, de désengagement de l’Etat, de liberté d’initiative, la rhétorique économiquement inutile car non suivie d’effet autour des concepts de jumelage, concession, ouverture de capital, partenariat, réforme, restructuration, etc.

 

Qu’elle émane des décideurs ou de l’opinion publique, une réflexion sur l’économie n’est utile et féconde qu’accompagnée d’une analyse politique et d’une critique des institutions, du rôle de l’Etat, de son organisation et de son poids dans la société ; cette démarche doit aussi tenir compte et rendre compte de la position des contre-pouvoirs, des intellectuels et des idées dissidentes.

 

Les gouvernants sauront-ils mettre à profit l'embellie financière pour réaliser cette symbiose analytique et en faire jaillir le meilleur pour un projet socio politique moderne et équilibré, une économie véritablement performante, diversifiée, et des conditions de vie décentes pour les populations, toutes régions confondues ?

 

Sinoudj (consulfin)

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• 2007-May-29 - Audit étranger : l'ouverture ne doit pas exclure le contrôle

 

Le marché algérien n’est pas seulement attractif en termes d’importations de biens d’équipement, il séduit aussi de plus en plus les prestataires de services, en particulier les bureaux d’audit et de conseil étrangers dont beaucoup sont désireux de tirer profit des opportunités et des potentialités de notre économie.

 

De grands cabinets internationaux (KPMG, Deloitte, etc) se sont d'ailleurs installés en Algérie ces trois dernières années.

 

Cela dit, le débat autour du recours à l’assistance étrangère en matière de conseil ne devrait plus consister à polémiquer autour d’une discrimination dont certains soutiennent qu’elle marginalise l’expertise nationale, mais à contribuer à la mise en place d’instruments de supervision destinés à évaluer, selon une périodicité à arrêter, l’apport de ce type de prestation aux grandes entreprises publiques (Sonatrach, Sonelgaz, Naftal, Saidal, institutions financières) et aux PME privées.

 

C’est cette évaluation qui permettra ensuite aux pouvoirs publics de se prononcer sur la qualité du management des fonds engagés dans ce cadre et dont il n’est jamais superflu de rappeler qu’ils sont en général puisés des réserves de change, quelles que soient les modalités de paiement retenues.

 

Sur le plan stratégique, la problématique du recours à l’expertise étrangère ne devrait pas être appréhendée sous le seul prisme des exigences de l’ouverture de l’économie algérienne que d’aucuns invoquent du reste systématiquement pour banaliser en quelque sorte ces catégories de prestations après les avoir présentées comme techniquement incontournables.

 

Le libéralisme ne doit pas être un paravent visant à justifier le recours à des services d’origine étrangère dont il est utile de souligner qu’ils viennent s’ajouter aux déjà faramineuses importations de biens d'équipement,  de matières premières et autres produits de consommation (22 milliards de dollars en 2006).

 

Au demeurant, il n’est ni contradictoire ni incohérent de vouloir à la fois tirer profit du recours à l’assistance étrangère pour acquérir un know how, et mettre sur pied des mécanismes, des procédures pour que les contreparties des devises à mobiliser à cet effet correspondent réellement aux attentes de nos entreprises économiques.

 

Une telle précaution s’impose d’autant plus que l’objet concerné touche à des éléments immatériels dont on peut sans doute formuler le contenu contractuellement et justifier même la réalisation par divers procédés, sans toutefois en garantir la réussite du fait des failles de notre système de contrôle tant dans les entreprises que dans les banques.

 

Dans les contrats d’importation de biens matériels, des dispositions prévoient des garanties juridiques couvrant la bonne exécution, et des garanties techniques régissant la validité dans le temps de l’équipement importé, mais dans les contrats de prestations, on ne trouve pas de couvertures équivalentes.

 

C’est pourquoi, l’Etat gagnerait à s’intéresser à l’activité de conseil en adaptant le cadre règlementaire en vigueur compte tenu des impératifs de l’économie de marché et de la nécessité de mettre nos réserves de change à l’abri des risques de combines et de manipulations adossés à des techniques juridiques parfaitement légales.

 

Cette adaptation devrait permettre également de jauger l’applicabilité, la portée opératoire des travaux proposés ou réalisés par les cabinets conseil internationaux, étant précisé que dans bien des entreprises algériennes, les études effectuées en rapport avec le management, l’organisation et les circuits comptables sont restées lettre morte et n’ont donné lieu à aucun contrôle de la part des organes de tutelle.

 

Dans certaines institutions à caractère économique et financier, des audits comptables confiés à des bureaux étrangers n’ont pu déceler les déficiences techniques qui allaient plus tard favoriser des malversations sans précédent et extrêmement préjudiciables.

 

Sinoudj (consulfin)

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